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23.03.2007

LA MAIN D'EDDY MERCKX DANS MILAN-SAN REMO

Mars 1972. Je revois encore l’arrivée d’Eddy Merckx sur la Via Roma, qui s’était échappé comme un voleur dans la descente du Poggio, heureux d’avoir chipé le bon coup, suivi par une meute de motos.

Follement encouragé par le public hystérique, dans l’excitation des sirènes des voitures, le Belge, ceint de son beau maillot de champion du monde, longe les barricades où s’égrènent les panneaux « Salvarani » dans son style si caractéristique : la tête légèrement penchée sur la droite. Sous les yeux de Vincenzo Torriani, le fantasque patron de la course et du Giro, il lève la main droite et montre ses 5 doigts dans un sourire radieux : 5 victoires dans la Primavera. Du coup sa terrible chute dans Paris-Nice, à l’arrivée à St Etienne s’effaçait… Derrière à 9 secondes Gianni Motta, le plus frais, réglait le sprint du peloton battu, devant l’insaisissable Marino Basso.

Mars 1976 : La même arrivée, les panonceaux « Scic » tous les 100 mètres, et toujours ce même sourire d’Eddy Merckx : cette fois-ci il devient l’Unique, le seul coureur vainqueur de la Classicissima à sept reprises, bien mieux que le grand Constante Girardengo, et ses 6 victoires (1918, 21, 23, 25, 26, 28). Merckx, moulé dans le bronze du mythique maillot Molteni, lève encore le bras droit, mais cette fois-ci il brandit un poing rageur, fend l’air avec ce coup de massue qui assomme tous les suiveurs et son dauphin, l’espoir belge Jean-Luc Vandenbroucke, déclassé par la suite pour contrôle positif au profit du solide Italien Wladimiro Panizza. Sept Milan San Remo : 1966, 67, 69, 71,  72, 75 et 76, mais Eddy est inquiet. Il sent que sa carrière se termine avec ce succès éblouissant, comme un bouquet final. Il confiait à Rik VanWalleghem (« Merckx homme et Cannibale ») « d’ennuis de santé en bobos divers, je me rends compte combien j’ai exigé de mon organisme. Dans Paris-Bruxelles je ne parviens plus à me hisser au sommet de la côte d’Amsemberg. Je songe à mettre un terme à ma carrière… » Mais jamais nous n’oublierons ce poing rageur !

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