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15.04.2007
LES JAMBIERES DE MARC MADIOT A ROUBAIX
Il aime profondément Paris-Roubaix, Marc Madiot, il méritait bien de la séduire et de l’épouser à deux reprises. Une première fois en 1985, pataugeant dans la boue ceint du maillot jaune et noir « Renault Elf ». Première fois ? Oh ! non.
Il avait déjà montré l’étendue de ses possibilités, sa flamme brûlante pour ces pavés tranchants, cuisants, qui grillent la peau lorsqu’on leur tombe dessus, en remportant six années avant l’édition amateur. Mais cela ne lui suffisait pas. Son chef d’œuvre il l’a écrit en 1991 en s’imposant pour la seconde fois dans l’épreuve professionnelle sous les couleurs de RMO à une époque où on le désignait, déjà, comme un « has been ».
Je revois la gueule de Marc coiffée d’un casque à boudins bleu-jaune-rouge, je revois son regard fixe, lorgnant le bout de la route, les yeux protégés par une paire de lunette et la visière de sa casquette blanche « Liberia ». La langue de Marc : elle sort comme il sort ses tripes en ce moment à 15 bornes du vélodrome, 15 km de la délivrance absolue. Il se bat contre l’Italien Franco Ballerini (qui gagnera en 1995 et 98), puissant dans son maillot jaune Tongo. Un instant on voit le rital riposter, puis, soudain, il lève les bras de désespoir et abdique. Marc, devant, fonce vers Roubaix. « Majestueux » dit Chappatte en direct. « Génial » titre votre « Vélo magazine » dans son numéro de mai. Le public du vélodrome a les larmes aux yeux. Madiot est un Dieu ce jour là. Sur le podium Hinault, vainqueur en 1981 lui prend le bras et salue la foule hissant bien haut le pavé dressé comme un trophée. Dans la confidence Marc le superstitieux, avoue à mi voix : « J’avais gagné avec mes jambières blanches en 1985. Ce matin je les ai retrouvées. Je savais que cela me porterait chance… »
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