« Le 14 juillet de Manzanèque dans la Colombière | Page d'accueil | Le maillot jaune de Bobet à Briançon »
15.07.2007
L’exploit de Chiappucci dans le Cormet de Roselend
Au départ de l’étape, Saint-Gervais- Sestrières, du Tour 1992 tous les suiveurs crièrent « au fou ». Effectivement, dès les premiers kilomètres l’Italien Claudio Chiappucci (Carrera) qui pédalait comme on boxe, toujours prêt à livrer des coups, jamais prêt à abdiquer, avait provoqué tout son monde en plaçant un démarrage. Jusqu’où espérait aller Chiappucci, alors septième du général à 4’54 du maillot jaune, pas pour longtemps, du Français Pascal Lino ? C’était visiblement suicidaire d’autant que cette terrible étape de montagne offrait au menu, tenez-vous bien, l’ascension du col des Saisies, puis celle du Cormet de Roselend, que les coureurs du Tour 2007 graviront entre le Grand Bornand et Tignes, ensuite celle du col de l’Iseran, le sommet du tour, puis le col du Mont Cenis, avant la grimpée finale vers Sestrières. Une étape meurtrière de 254 km!
Mais Chiappucci, ceint du maillot à pois rouges de meilleur grimpeur voulait frapper les esprit, asseoir sa domination sur Miguel Indurain dont il contestait la suprématie en montagne et arriver au pays, en Italie en triomphateur, comme Coppi s’imposa à Sestrières en 1952 au lendemain de sa victoire au sommet de l’Alpe d’Huez. Dans son démarrage provocateur Chiappucci fut suivi par l’Espagnol Ruiz-Cabestany, le Français Claveyrolat et l’Italien Roscioli. C’est dans le Cormet de Roselend qu’il lança définitivement sa fugue en augmentant régulièrement son avance qui atteignit 5’ au pied du Mont Cenis, surprenant les suiveurs par son zèle et son obstination d’autant que l’étape se disputait sous une canicule assassine. Luc Leblanc lâché dans le Cormet de Roseland, Greg leMond épuisé dans l’Iseran, Delgado relégué à 8’, Roche à 10’ : Chiappucci assommait le Tour.
Derrière, dans cette hécatombe,Gianni Bugno et Miguel Indurain unissaient leurs efforts pour réduire l’écart, ce qui provoqua une belle polémique entre Bugno et Chiappucci, mécontent de voir un Italien aider un espagnol ! Puis sur le final, un seul homme allait tenter de lui résister, Miguel Indurain, qui dans la montée de Sestrières s’efforçait de réduire sa perte de temps pour endosser le maillot jaune devançant désormais Chiappucci de 1’42 secondes, vainqueur de l’étape devant le Grand Hôtel, là même où Fausto Coppi s’imposait 40 ans plus tôt. Dans la salle de presse lorsque Claudio Chiappucci fit son entrée, tous les journalistes se levèrent et l’applaudirent comme on salue un roi…de la montagne !
16:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Écrire un commentaire
NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.

